SVPA - Respecte et protège les animaux
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Il y a actuellement une nette tendance à enfermer des animaux sauvages dans des parcs animaliers, des parcs d’attraction pour le public. Ne pourra-t-on bientôt voir des animaux sauvages qu’en captivité ? Malgré les lois qui interdisent de tenir captifs des animaux sauvages, on assiste à des inaugurations des zoos, de réserves d’animaux qui devraient vivre en totale liberté et le plus naturellement possible. Aux Rochers-de-Naye vient de s’ouvrir le « Marmotte Paradis » pour redynamiser la ligne ferroviaire qui est gérée par le MOB (Montreux-Oberland-Bernois). En effet, ces zoos, ces parcs animaliers, ont tous un but économique : attirer le public – un public payant – pour essayer de gagner de l’argent. Il faut que ces animaux captifs servent à quelque chose, soient rentables.

Au sujet de ce « Marmotte Paradis », la SVPA s’est exprimée en faisant les remarques suivantes à la Conservation de la faune et au promoteur, M. Jean-Marc Forclaz, chef de division au MOB :

  • Nous avons rappelé que dans des conditions naturelles, un groupe de 6 marmottes (elles vivent en famille, en groupe), colonise 6 hectares de prairies rocheuses. Les enclos aux Rochers-de-Naye ont 400 m2, c’est très peu au vu des exigences naturelles ; bien que les dimensions des parcs aient une surface quatre fois plus grande que les dimensions légales pour les marmottes en captivité, une surpopulation par reproduction rendra nécessaires des euthanasies, ce qui est d’ailleurs la règle dans tous les zoos.
  • Nous avons préavisé négativement à l’exposition de marmottes d’origine étrangère à la Suisse, importées, ou d’espèces ou races qu’on ne trouve pas à l’état naturel dans notre région. En effet, certaines espèces étrangères ne s’acclimateront pas et le danger existe de voir des marmottes s’échapper des parcs, se disperser dans la nature et provoquer un métissage avec les marmottes de montagne, et importer des maladies inconnues chez nous jusqu’alors. Ce parc ne devrait être consacré, à notre avis, qu’exclusivement aux marmottes de chez nous, sur des surfaces correspondant aux besoins naturels des marmottes.
  • En excluant les marmottes d’origine étrangère, on a alors la possibilité de lâcher dans la nature les jeunes marmottes de 2 ans, qui, à cet âge, quittent la famille et le groupe ; le risque de surpopulation est ainsi évité, de même que l’euthanasie des animaux en surnombre.
  • Si dans un but zoologique et didactique des marmottes étrangères doivent être présentées, elles peuvent l’être en toutes saisons dans les bâtiments au moyen de films et d’animaux naturalisés.
  • La protection des marmottes contre les prédateurs, en particulier contre les prédateurs ailés, comme les aigles, n’est pas assurée ; il faudra voir dans quelle proportion les pertes seront subies. Si des prédateurs s’emparent des marmottes, les sortent des parcs et les laissent s’échapper, le métissage avec les marmottes des Alpes n’est nullement exclu.
  • Nous avons fait remarquer – et cela est valable pour tous les parcs zoologiques détenant des animaux sauvages – que cette détention est négative au point de vue didactique et pédagogique ; elle donne l’idée aux visiteurs de détenir eux-mêmes, à titre privé, des animaux protégés légalement, ce qui est contraire aux principes de la protection des animaux et de la faune.
  • De moins en moins, les dispositions légales selon lesquelles les animaux sauvages ne peuvent être détenus en captivité sont respectées.
  • Les marmottes hibernent d’octobre à avril ; elles ne sont donc visibles aux visiteurs que pendant 5 mois, ce qui diminue considérablement l’intérêt zoologique et économique pour rentabiliser les 1,5 million investis.

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