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L’Office vétérinaire fédéral, dans ses commentaires et statistiques 1998, annonce une diminution du nombre des animaux d’expériences de 8,1% par rapport à 1997. Magnifique ! Dans 20 ans, à ce rythme, il n’y aura plus d’animaux soumis à des expériences ! Cette diminution a plusieurs causes. L’une d’entre elles est le départ pour l’étranger des chercheurs pour des raisons d’organisation interne. Une autre raison : lorsqu’une expérimentation est interdite en Suisse, elle est pratiquée à l’étranger par le chercheur qui s’expatrie ou par d’autres chercheurs dans des pays où l’expérimentation animale n’est pas ou peu contrôlée. Citons encore les méthodes alternatives qui n’utilisent pas d’expériences sur les animaux, alors que les résultats sont identiques. Mais malheureusement ces méthodes sont peu nombreuses à être validées et utilisées en laboratoires et l’on voit encore des animaux soumis à des expériences du troisième degré, qui sont les plus douloureuses et qui se terminent généralement par la mort de l’animal. De petits singes sont encore importés de Chine ; dans ce pays, pour renouveler le sang des singes d’élevage, on a recours à des singes prélevés dans la nature. 90 à 99% des souris transgéniques produites par injection d’ADN doivent être mises à mort, car seulement 1 à 10% réussissent à incorporer l’ADN injecté dans l’embryon. Ces souris ratées sont de trop et l’on doit s’en débarrasser. De plus, les souris transgnéniques ne sont pas toutes utilisables pour les chercheurs et ne correspondent pas toujours aux buts recherchés. Par la reproduction de ces souris d’élevage, on obtient des lignées d’élevage. De ces lignées, une seule peut-être donne satisfaction au chercheur, quelquefois aucune. Combien de souris sont ainsi éliminées? nul ne le sait et les statistiques n’en parlent pas. L’Office vétérinaire fédéral écrit qu’en 1997 et 1998, 1600 lignées de souris transgéniques ont été produites. Ce sont surtout les lignées qui ont réussi et qui ont pu être employées valablement. Seuls les expérimentateurs savent combien de souris ont dû être sacrifiées jusqu’à ce que ces 1600 lignées soient valables. Ce boum des souris transgéniques a inquiété la Commission de bioéthique de Grande-Bretagne. Des plaintes du personnel de laboratoire qui dénoncent l’élimination d’un nombre phénoménal de souris. Un employé de laboratoire a déclaré : “ Je suis épuisé physiquement et psychiquement ; il faut que le public le sache. ” Le chef de l’Institut d’éthique biomédicale de Birmingham, David Morton a estimé que les scientifiques doivent se soucier des effets psychiques sur le personnel de ces tueries massives d’animaux.
On en parle peu en Suisse. La Gen-Lex, qui devait prendre en considération ces problèmes est en sommeil. On s’en est inquiété au moment des votations sur l’initiative concernant le génie génétique. Il y a beaucoup d’intérêts en jeu pour que la Gen-Lex ne voie pas le jour. Les autorités nous promettent cette loi dans trois ans. Trois ans durant lesquels des dizaines de milliers de souris de laboratoires seront fabriquées puis tuées, trois ans durant lesquels le personnel des laboratoires aura besoin de soins psychiatriques.
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