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Vieux chiens, vieux chats

Souvent, au refuge de Sainte-Catherine, nous parviennent des animaux âgés que des personnes nous remettent pour différentes raisons, en vue de leur placement chez un nouveau propriétaire. Les raisons pour lesquelles ces animaux nous sont déposés au refuge ne nous regardent pas ; nous ne voulons pas les connaître ; ce qui nous préoccupe, c’est le sort futur de ces chiens et chats âgés de 10, 12, 15, 18 ans. Le problème est de leur trouver un nouveau foyer. Voilà des animaux qui ont vécu dans un milieu qui leur était propre, et subitement ils se trouvent dans une toute autre ambiance, sans leur propriétaire, logés avec d’autres animaux, soignés par des personnes inconnues jusqu’alors. Il y a de quoi être déboussolés, apeurés, stressés, déprimés. Il est pénible d’entendre de tels chiens hurler tristement de désespoir, de tristesse, d’incompréhension.

Leurs anciens propriétaires s’imaginent-ils qu’il est facile de retrouver un nouveau foyer pour ces animaux ? On peut répondre non ; leur placement est très difficile et pour plusieurs raisons :

  • Tant qu’il y a dans un refuge des animaux jeunes, en bonne santé, pleins de vie, ce sont ceux-ci qui seront adoptés : les plus âgés ne présentent pas d’intérêt.
  • Les visiteurs d’un refuge savent très bien qu’un animal jeune est plus facilement adaptable et engendre moins de soucis de comportement qu’un animal âgé.
  • De plus, souvent l’animal âgé est exposé aux maladies de l’âge : troubles des reins, du foie, du cœur, cataracte chez les chiens. Il est nécessaire de faire de plus fréquentes visites chez le vétérinaire pour des soins comme le détartrage, les analyses, les médicaments ou pour contrecarrer la déficience de l’organisme due à l’âge.
  • Enfin, un jeune animal a une espérance de vie de nombreuses années, tandis qu’un animal âgé est près de la limite de son existence. Lorsqu’on s’attache affectivement à un animal, on veut que cela dure longtemps et non quelques mois, quelques années. C’est la séparation prochaine et le chagrin qui en résultent. Mieux vaut donc adopter un animal jeune qu’on peut habituer à son nouveau genre de vie et jouir de son affection le plus longtemps possible.

On entend dire souvent que des personnes âgées devraient adopter des animaux âgés et finir ensemble les quelques années qu’il leur reste à vivre. Ceux qui proposent de telles solutions n’adoptent pas les animaux âgés ; cette solution est bonne pour les autres. Ce chien a déjà 8 ans ? – C’est trop âgé. Ce chat a 10 ans ? – C’est trop âgé.

Les personnes qui remettent un animal âgé calculent que les maladies de l’âge vont entraîner des frais vétérinaires. Il est donc souvent arrangeant de s’en séparer pour des raisons économiques, financières.

Que faire alors de ces animaux dont personne ne veut ? Certains refuges veulent les garder jusqu’à leur belle mort. La Protection Suisse des Animaux PSA a créé un fonds pour l’entretien de ces chiens et chats âgés et difficiles à placer. Certains refuges sont parfois si chargés en vieillards qu’ils sont obligés d’afficher complet et de ne plus admettre de nouveaux animaux qui seraient eux faciles à placer. Cette façon d’agir est contraire au but même des refuges, dont le devoir est d’accueillir tout animal pour éviter qu’il ne soit abandonné en ville ou dans la nature. Un refuge n’est pas un asile de vieillard ni un mouroir. Il est déjà triste que des humains soient exclus de la société et doivent finir leur existence dans des asiles nommés EMS, sans plus d’espoir que d’y mourir. Les animaux qui ont donné leur affection aux humains doivent connaître un meilleur sort.

L’euthanasie est la seule solution raisonnable. Certaines personnes vont crier au scandale. Leur avis ne modifie pas la situation. Que l’on pense à tous ces animaux jeunes, en bonne santé, qu’on met à mort pour leur viande, par millions en Suisse, sans que personne ne proteste. Nous estimons que la vie d’animaux âgés, hors du milieu où ils ont toujours vécu, n’est pas admissible au point de vue moral et éthique.

Lorsqu’on voit tant de misère des animaux abandonnés dans un refuge, on souhaiterait que ces animaux ne fussent pas nés. Il faut plaindre les animaux à leur naissance, et non à leur mort. Mieux vaut qu’ils rejoignent l’endroit d’où ils viennent, sans douleur, et leur passage sur cette terre est terminé.

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