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Un gaspillage choquant

Tuer une grenouille pour n’en manger que les cuisses est aussi absurde que d’abattre un éléphant pour son ivoire...

Plus de 300 millions de grenouilles sont tuées chaque année pour alimenter le commerce de cuisses de grenouilles. En Suisse, il est interdit de capturer les grenouilles. En 2005, uniquement pour satisfaire les amateurs de ce plat, la Suisse a importé 119 tonnes de cuisses de grenouilles (dont plus de 95% en provenance d’Indonésie)!

Les cuisses consommées représentent moins de 20% du poids de l’animal. On tue donc ces animaux pour n’en consommer qu’une toute petite part. C’est un exemple de gaspillage presque unique, comparable à celui qui consiste à tuer un éléphant pour lui prendre ses défenses.

Une souffrance injustifiable

On ne vous demande pas de vous transformer en grenouille, mais juste de prendre conscience qu’elle aussi est digne de respect.

C’est de nuit et par petites équipes que les paysans indonésiens chassent les grenouilles à l’aide d’épuisettes ou d’hameçons. Les animaux capturés sont entassés dans de grands sacs et acheminés durant des heures aux lieux de découpe. Certains animaux meurent durant ce transport.
Les grenouilles vivantes sont placées sur un billot de bois pour être découpées et éviscérées. Dans la plupart des cas, la grenouille agonise durant de longues minutes.

La SVPA ne s’oppose pas à la consommation d’animaux de boucherie pour autant que leurs conditions de vie et leur mise à mort respectent des normes acceptables.
Ce qui n’est manifestement pas le cas pour plus du 95% du commerce de cuisses de grenouilles.

Un commerce nuisible

On commence par manger des cuisses de grenouilles et on finit par consommer du riz contenant des pesticides.

Plus de 95% des cuisses de grenouilles que nous mangeons proviennent d’Indonésie. La grenouille est pourtant très utile. Elle limite la prolifération de moustiques et d’insectes nuisibles aux cultures. Mais, parce que les grenouilles sont décimées par le commerce, les paysans locaux utilisent des quantités de plus en plus importantes de pesticides pour protéger leurs cultures. Ils mettent donc leur environnement en danger comme les produits de leur culture (le riz, par exemple, que nous consommons nous aussi). De plus, pour ces régions pauvres, ces achats de pesticides s’avèrent plus onéreux que les recettes réalisées par la vente de cuisses de grenouilles. C’est un commerce nuisible tant pour l’équilibre écologique que pour la santé et l’économie de ces pays.

Une question de bon sens

Pourquoi contribuer à un commerce qui nuit aux animaux, à l’environnement et aux gens?

Par habitude? Par tradition? Par goût? A une époque où notre palette d’aliments est d’une immense richesse, où les cuisiniers savent faire preuve d’imagination et où l’on redécouvre avec plaisir les produits du terroir, il n’y a pas vraiment de raison qui justifie la consommation de cuisses de grenouilles d’importation (toutes les cuisses de grenouilles consommées en Suisse sont issues du commerce d’importation).

La SVPA ne défend en aucun cas les formes d’extrémisme et les débordements auxquels elles conduisent. Mais elle souhaite, raisonnablement, faire respecter certains droits fondamentaux et éviter les souffrances et les gaspillages inutiles des animaux, quels qu’ils soient.

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Il est temps de réagir

Tous les animaux, si petits soient-ils, ont droit à notre respect. De même, les équilibres naturels et la santé des êtres humains sont des éléments fondamentaux qui guident notre action.
C’est au nom de ces principes élémentaires que nous vous encourageons vivement à ne plus consommer de cuisses de grenouilles et à faire pression pour que ce commerce injustifiable cesse sur notre territoire.